header-image

Le drame des réfugiés: appel à un changement de cap.
En Europe et en Allemagne

Als PDF-Datei öffnenLe drame des réfugiés s’est transformé en épreuve de vérité politique. L’objectif d’une cohabitation amicale dans une Europe de la diversité est actuellement tiraillé entre un égoïsme nationaliste et une politique néfaste de repli. L’Allemagne est elle aussi confrontée à un défi gigantesque qui provoque chez de nombreuses personnes un sentiment d’insécurité et qui ne pourra être surmonté que si les responsables politiques s’orientent avec courage et détermination vers une communauté durable, équitable et forte. Cependant, la détermination nécessaire pour une telle réorientation et un tel changement de cap faisant jusqu’à présent défaut, il se crée un climat dans lequel les préoccupations deviennent des peurs – peur d’une trop grande sollicitation, d’une emprise étrangère excessive et des abus. Perpétuer la peur innerve les partis rétrogrades, xénophobes, nationalistes et de droite nationaliste en Allemagne et dans d’autres pays européens.

Nous ne pourrons sortir de cette impasse politique que si nous considérons la crise des réfugiés comme un appel. Cette crise met soudain en lumière les erreurs et les manquements politiques du passé. Le manque de volonté de coopération solidaire en Europe est le fruit du chemin suivi depuis des années par l’Union européenne, un chemin qui a mis ses pays membres en concurrence les uns avec les autres et qui a divisé les plus forts et les plus faibles. Il manque à la construction européenne un fondement social et solidaire. En Allemagne, on découvre à quel point il est erroné d’adhérer de façon rigide à une politique pour laquelle le « zéro noir » (« schwarze Null », c.-à-d. le zéro déficit budgétaire en 2015) est plus important qu’une communauté durable. Ainsi, la crise des réfugiés nous montre clairement et brutalement le retard important d’un changement de cap politique radical.

Jeter des ponts plutôt qu’ériger des murs

Ce changement d’orientation commence par un programme humanitaire d’urgence de grande envergure de l’Europe. Ceux qui fuient la guerre et la misère ne peuvent pas continuer à être contraints de se rendre en Europe littéralement par le biais des sous-financements honteux des organisations humanitaires de l’ONU. Ces personnes ont besoin de moyens d’existence, de possibilités d’éducation et de perspectives d’emploi dans leur région. D’un autre côté, il faut créer en étroite coopération avec l’ONU des voies ordonnées qui peuvent être empruntées pour la fuite ainsi que des voies d’immigration légale vers l’Europe. L’Union européenne ne peut pas construire de forteresses contre les êtres humains qui fuient les persécutions et les bombes, quel que soit leur pays d’origine. L’Europe ferait ainsi naufrage, tant au niveau politique que moral. Sur le plan politique, l’Europe ne va pouvoir résoudre ses problèmes que si elle assume ses responsabilités dans la lutte contre l’origine des migrations et si elle ne se rend pas tributaire de gouvernements comme celui de la Turquie. Sur le plan moral, les valeurs européennes sont piétinées par toutes les formes de repli qui sont contraires au droit international. La Convention de l’ONU relative au statut des réfugiés et le droit fondamental à l’asile sont inviolables !

Sortir de l’impasse de l’austérité

Au lieu de placer des fonds dans la gestion des frontières, la construction de murs et l’installation de barbelés, il faudrait enfin aborder de façon constructive les moyens de surmonter le défi colossal auquel est confrontée l’Europe. S’ils sont encouragés et soutenus financièrement, un plus grand nombre d’États membres de l’Union européenne peuvent être en mesure d’accueillir et d’intégrer des réfugiés de façon solidaire et conformément au droit international. Afin d’élargir la coalition des États prêts à accueillir des réfugiés en Europe, l’UE devrait mettre en œuvre un programme spécial commun, financé par exemple par des emprunts obligataires, pour des appartements, des écoles, des hôpitaux et des emplois pour que les municipalités prêtes à accueillir des réfugiés puissent se porter candidates pour y participer. Cela permettrait également de contribuer à une initiative européenne d’investissement qui ne se soumet pas aux règles du « pacte budgétaire » défendues de façon dogmatique par le gouvernement fédéral – des règles qui entravent depuis des années le développement économique de nombreux pays européens, qui sont source de désastres sociaux et écologiques notamment en Europe du Sud et qui éveillent de plus en plus les doutes sur la légitimité démocratique des décisions politiques. Les investissements stratégiques, par exemple dans la protection du climat, ouvrent aux pays les plus durement touchés par la crise de nouvelles voies vers une croissance écologiquement viable et permettent également de contribuer efficacement à la lutte contre les principales origines des migrations de demain.

Changer de cap avec des investissements d’avenir pour l’Allemagne

L’intégration en Allemagne des personnes qui ont fui la guerre, la misère et les persécutions politiques nécessite d’agir de façon réfléchie et courageuse. L’intégration sera réussie si elle s’inscrit dans la refonte des infrastructures sociales au profit de toutes les personnes qui vivent dans le pays.

En premier lieu, les pays et avant tout les communes doivent recevoir un soutien financier immédiat de l’État fédéral allemand dans une mesure qui leur permet de s’attaquer aux investissements d’avenir les plus urgents. Il est important pour toutes les personnes qui vivent actuellement en Allemagne et qui y vivront à l’avenir que notre système éducatif – qui commence à la crèche – soit modernisé et renforcé. Nous avons besoin d’un personnel qualifié en plus grand nombre et mieux payé dans les services publics, mais aussi de plus logements abordables pour tous les habitants des agglomérations. Les investissements nécessaires à la viabilité de notre communauté ne peuvent pas être sacrifiés en faveur du mantra de la « politique d’austérité ». Compte tenu des taux d’intérêt bas, le financement des investissements publics n’a jamais été aussi abordable pour l’État. De plus, l’élimination des niches fiscales et une imposition plus juste – principalement des revenus du capital et des grandes fortunes – sont inévitables pour la capacité d’exercice des droits de l’État. En outre, une évolution positive sur le marché du travail ne peut être menacée dès lors que la crise des réfugiés est utilisée de façon abusive pour un affaiblissement des normes sociales telles que le salaire minimum légal. L’intégration difficile des réfugiés sur le marché du travail ne sera réussie que si elle met à profit toutes les personnes qui travaillent et tous les demandeurs d’emploi en Allemagne.

De cette situation nous grandirons

Les succès électoraux du parti radical de droite allemand AfD (Allianz für Deutschland – Alternative pour l’Allemagne), et les nombreuses attaques de l’extrême-droite ne peuvent pas masquer le fait que la grande majorité de la société allemande continue à se montrer généreuse, serviable et ouverte d’esprit. L’engagement de la société démontre un dynamisme et une inventivité – les moteurs les plus puissants tant pour la cohésion sociale que pour le progrès social. C’est sur cette société civile solidaire que peut et que doit s’appuyer une politique réfléchie et bien dirigée.

Si nous changeons de cap avec le cœur et la raison, nous grandirons tous de cette situation – aussi bien au niveau humain, social et économique. Si nous investissons maintenant dans notre avenir, l’Allemagne sera dans dix ans un pays plus fort, socialement plus juste et écologiquement plus durable qu’elle ne l’est aujourd’hui. Avec un tel changement d’orientation, l’Allemagne aidera à restaurer, à la fois dans le pays et à l’étranger, la confiance en l’avenir de l’Europe : nous pouvons créer une Europe solidaire, démocratique et sociale !

Traduction: Veronika Peterseil

You may sign here

Appell zum Umsteuern

  

[your signature]

1,904 signatures

Teilen Sie unseren Appell mit Ihren Freundinnen und Freunden | Share this with your friends:

   

d_flag gb_flag f_flag e_flag
Erstunterzeichnende aus der Politik

Gesine Agena, Bündnis90/Die Grünen, Mitglied des Bundesvorstands

Klaus Barthel, MdB, SPD

Heinz Bierbaum, MdL im Saarland, Die Linke

Dr. Franziska Brantner, MdB, Bündnis 90/Die Grünen

Reinhard Bütikofer, MdEP, Bündnis 90/Die Grünen, Ko-Vorsitzender der Europäischen Grünen Partei

Katja Kipping, Die Linke, Vorsitzende

Cansel Kiziltepe, MdB, SPD

Dr. Matthias Miersch, MdB, SPD

Beate Müller-Gemmeke, MdB, Bündnis 90/Die Grünen

Lisa Paus, MdB, Bündnis 90/Die Grünen

Dr. Simone Peter, Vorsitzende von Bündnis 90/Die Grünen

Bodo Ramelow, Ministerpräsident von Thüringen, Die Linke

Claudia Roth, MdB, Bündnis 90/Die Grünen, Vizepräsidentin des Deutschen Bundestages

Dr. Gerhard Schick, MdB, Bündnis 90/Die Grünen

Dr. Angelica Schwall-Düren, SPD, Staatsministerin a.D.

Ullrich Sierau, SPD, Oberbürgermeister von Dortmund

Dr. Ralf Stegner, MdL in Schleswig-Holstein, stellv. Vorsitzender der SPD

Dr. Axel Troost, MdB, stellv. Vorsitzender Die Linke

Johanna Uekermann, Bundesvorsitzende der Jusos in der SPD

Heidemarie Wieczorek Zeul, Bundesministerin a.D., SPD

Harald Wolf, MdA in Berlin, Die Linke

Andrea Ypsilanti, MdL in Hessen, SPD

Gabi Zimmer, MdEP, Vorsitzende der Linksfraktion GUE/NGL

Erstunterzeichnende aus Gewerkschaften und Verbänden

Frank Bsirske, ver.di, Vorsitzender

Hugo Braun, attac

Annelie Buntenbach, DGB, Mitglied des geschäftsführenden Bundesvorstands

Kai Burmeister, IG Metall

Michael Ebenau, IG Metall

Dr. Peter Eigen, Gründer von Transparency International

Thomas Gebauer, Geschäftsführer medico international

Dr. Dierk Hirschel, ver.di

Olivier Höbel, IG Metall

Institut Solidarische Moderne

Dr. Andreas Keller, GEW, stellv. Vorsitzender

Jörg Köhlinger, IG Metall

Andrea Kocsis, ver.di, stellv. Vorsitzende

Wolfgang Lemb, IG Metall

Hartmut Meine, IG Metall

Klaus Pickshaus, IG Metall

Michaela Rosenberger, Gewerkschaft NGG, Vorsitzende

Armin Schild, IG Metall

Dr. Hans-Jürgen Urban, IG Metall

Peter Wahl, Vorsitzender WEED – Weltwirtschaft, Ökologie & Entwicklung

Frank Werneke, ver.di, stellv. Vorsitzender

Erstunterzeichnende aus der Wissenschaft

Prof. Elmar Altvater, Sozialwissenschaftler

Prof. Hans-Jürgen Bieling, Politikwissenschaftler

Dr. Reinhard Bispinck, Sozialwissenschaftler

Prof. Gerhard Bosch, Sozialwissenschaftler

Prof. Christine Brückner, Erziehungswissenschaftlerin

Prof. Klaus Busch, Politikwissenschaftler

Dr. Mario Candeias, Politikwissenschaftler

Prof. Frank Deppe, Politikwissenschaftler

Prof. Klaus Dörre, Sozialwissenschaftler

Prof. Sebastian Dullien, Wirtschaftswissenschaftler

Prof. Andreas Fisahn, Rechtswissenschaftler

Prof. Björn Hacker, Wirtschaftswissenschaftler

Prof. Rudolf Hickel, Wirtschaftswissenschaftler

apl. Prof. Martin Höpner, Politikwissenschaftler

Prof. Gustav Horn, Wirtschaftswissenschaftler

Prof. Ute Klammer, Sozialwissenschaftlerin

Dr. Steffen Lehndorff, Sozialwissenschaftler

Prof. Birgit Mahnkopf, Sozialwissenschaftlerin

Prof. Jürgen Neyer, Politikwissenschaftler

Prof. Andreas Nölke, Sozialwissenschaftler

Prof. Thomas Sauer, Wirtschaftswissenschaftler

Prof. Gesine Schwan, Politikwissenschaftlerin

Prof. Mechthild Schrooten, Wirtschaftswissenschaftlerin

Dr. Thorsten Schulten, Sozialwissenschaftler

Prof. Michael Schumann, Sozialwissenschaftler

Weitere Persönlichkeiten

Dr. Joachim Bischoff, VSA-Verlag

Uwe-Karsten Heye, Autor und Publizist

Dr. Hans Misselwitz, SPD

Peter Ruhenstroth-Bauer, Rechtsanwalt, Staatssekretär a.D.

Wilfried Schmickler, Kabarettist

Stefan Stache, spw, Chefredakteur

Johano Strasser, Schriftsteller

Konstantin Wecker, Liedermacher

Seit der Veröffentlichung haben diesen Appell u.a. unterschrieben

Wissenschaftlicher Beirat von attac (38. Sitzung)

Jürgen Peters, ehem. 1. Vorsitzender der IG Metall

Ulrich Eckelmann, General Secretary, IndustriAll European Trade Union

Udo Schiefner, MdB, SPD

Fabio De Masi, MdEP, Die Linke

Ralf Kapschack, MdB, SPD

Ute Finckh-Krämer, MdB, SPD

Ulle Schauws, MdB, Bündnis 90/Die Grünen

Benjamin-Immanuel Hoff, Chef der Staatskanzlei Thüringen

Matthis W. Birkwald, MdB, Die Linke

Petra Pau, MdB, Die Linke, Vizepräsidentin des Deutschen Bundestagstags

Delara Burkhardt, stellv. Bundesvorsitzende der Jusos in der SPD

Stefan Brauneis, stellv. Bundesvorsitzender der Jusos in der SPD

Share